Nous n’avons pas besoin de réponse facile

© Fahrul Azmi© Fahrul Azmi

L’échange entre la designeuse Jeannette Altherr et le journaliste design et chasseur de tendance Frank A. Reinhardt illustre la complexité du débat autour du développement durable, véritable défi pour les designers, les entreprises et les consommateurs. Il démontre que la clé d’une solution réside en un raisonnement holistique. Instantané du débat sur le développement durable au sein du monde du design.

Frank: Pendant longtemps, le lien entre le design et la nature n’a été rien d’autre qu’une discussion sur la faible teneur en toxines des meubles, générée par le mouvement écologique – en conséquence, elle tournait autour de la question d’un climat intérieur sain, et non pas d’un climat mondial sain. Tout a changé. Aujourd’hui, le « green living », le mode de vie écorespectueux, prend en compte divers aspects, tels que la neutralité climatique et la pérennité du design. Parce que les meubles sont si proches des gens, si présents dans leur vie, ils constituent une sorte de seconde peau ; or, ce que nous attendons de l’environnement n’est pas moins complexe que ce que nous attendons de la nourriture ou de nos habits. En quoi le designer peut-il avoir ici une réelle fonction ? En fin de compte, le succès, au début du XXe siècle, du design vu comme la discipline capable de résoudre des problèmes est en partie fondée sur l’étroite collaboration entre le designer et les nouvelles technologies de production. La situation d’aujourd’hui est cependant bien plus complexe : il est quasiment impossible pour un designer particulier d’être au courant de tous les développements. Peut-être est-ce aussi là l’origine de la quête profonde d’une nouvelle forme de simplicité que l’on voit émerger chez les jeunes designers. Quand pensez-vous ?

Jeannette: Nous avons toujours été associés à « l’essentialisme ». La différence entre cette approche et la simplicité est que nous ne nous intéressons pas outre mesure aux aspects uniquement liés à la forme mais recherchons ce qui est important, ce qui compte vraiment. Et qu’y a-t-il de plus important que la vie elle-même ? Notre sens de la beauté et notre conception d’une vie agréable sont étroitement liés. Nous ne savons sans doute pas toujours ce qui est beau, mais nous avons une idée très précise de ce qui n’est pas beau : la pauvreté, la destruction, la monotonie. Désormais, l’idée que la nature est « un autre » est en train d’évoluer : longtemps exclusivement vue comme simple fournisseuse de ressources, la nature est dorénavant considérée comme un système vivant à part entière. Nous réalisons actuellement que nous sommes partie intégrante de ce système vivant, et non au-dessus de lui. L’équilibre joue ici un rôle essentiel. Cette évolution va indiscutablement changer notre perception de la beauté.

En tant que designers, notre but est de donner une forme à quelque chose qui existe déjà – un vœu, une humeur, un désir collectif encore flou, n’ayant pas encore trouvé d’expression. Nous identifions des tendances et les portons à l’attention de nos clients.

Color and texture reserach @Lievore + Altherr Desile ParkColor and texture reserach @Lievore + Altherr Desile Park

Frank: Cela conforte mon point de vue du designer comme partenaire créatif de l’entreprise. Plus la mission est complexe, plus le rôle de chacun devient important : le designer apporte de nouvelles idées et inspirations à la société, tout en cherchant à penser différemment et à faire partie de la solution. Je pense que les designers d’aujourd’hui sont confrontés à des attentes incroyablement élevées, leur statut et leur réputation ne reposant qu’en partie sur l’admiration de leur style. Les discussions sur les réseaux sociaux montrent clairement que les gens espèrent que les designers sauront aussi les conseiller quant à l’aspect durable des concepts de produits. Cette vision des choses est probablement due à l’héritage de l’esprit pionnier du design en un sens, mais il révèle également le manque d’orientation des gens, sentiment empiré avec l’écoblanchiment, le greenwashing. Au final, les gens placent tous leurs espoirs dans les designers, car ils pensent qu’ils seront les seuls à pouvoir résoudre leurs problèmes grâce aux progrès techniques. Mais j’ai peur que ce ne soit beaucoup leur demander.  

Jeannette: Avant tout, je dirais que je me mets la pression toute seule. Dans la mesure où le design de produit devient un bien de consommation, être un designer signifie être intimement lié au problème fondamental qu’est la surconsommation. Cela vaut également pour les architectes. C’est pourquoi beaucoup de designers se demandent s’ils peuvent réellement continuer à concevoir en toute tranquillité d’esprit, et si oui, quoi et comment. En ce qui me concerne, ces questions ont engendré une réelle crise. A quoi s’ajoute l’effarante complexité de notre monde actuel. Il nous faut comprendre que quelque chose peut être « à la fois … et », que les contradictions existent non seulement les unes par rapport aux autres mais également en nous-mêmes, que de nombreuses questions n’ont pas de réponse unique simple : nous faisons tous partie d’un vaste processus d’apprentissage collectif. Il faut se libérer de l’idée que nous contrôlons tous les facteurs. Pour commencer, il nous faut désormais beaucoup apprendre, les facteurs à prendre en compte étant incroyablement nombreux : depuis les origines des matériaux aux conditions de production, l’apport énergétique, la qualité / la longévité, l’usage à long terme du fait de sa polyvalence, les exigences de service, les coûts du transport et de l’emballage, enfin et surtout, la recyclabilité. Sans oublier les aspects sociaux.

Je pense que l’idée de ce que peut être le design va se développer en allant au-delà de la production des produits. Dans « Broken Nature », par exemple, j’ai été particulièrement touchée par les cas de préservation, d’affection et de documentation, ainsi que par les cas permettant de visualiser la nature dramatique de la situation actuelle. En effet, la recherche scientifique ne suffit pas à changer la façon dont les gens pensent. Nous devons progresser et passer de la connaissance à la compréhension. Les designers sont en train de se transformer en filtres : ils observent toutes les diverses évolutions et tendances, puis sélectionnent et essayent celles qui semblent viables.

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Frank: Le discours sur les modèles de développement durable est très dynamique : dans la société médiatique dans laquelle nous vivons, les sensations sont exagérées, une opinion phare pouvant devenir obsolète du jour au lendemain. Tout ce qui concerne la nourriture et la santé est terrain miné : à peine a-t-on découvert un remède magique qu’il s’avère infesté de pesticides, produit d’une manière ne répondant pas aux normes sociales ou constituant un danger pour la biodiversité. Nous avons un avantage en travaillant dans le monde du design, les débats y sont moins agités (en tout cas, pour l’instant). Il faut du temps pour tirer des conclusions à partir d’expériences sur des meubles ; en contrepartie, ces processus d’apprentissage requièrent des investissements substantiels. En même temps, l’industrie doit se préparer au fait que les matières premières dont on vante les bienfaits durables, comme le bois par exemple, pourraient à leur tour devenir rares.       

Jeannette: Oui, en particulier quand on voit les feux dévastateurs qui ont eu lieu cette année en Amazonie ou pire encore en Australie, on se demande si on peut continuer à voir dans le bois une ressource renouvelable. En présence d’une telle surproduction, le mot « nouveau » a-t-il encore la charge positive qu’il avait jusqu’à présent ? Ou ne vaudrait-il pas mieux penser en termes de slow design, un design de bonne qualité, pouvant être réparé, modifié, réutilisé ? L’industrie se devra, en temps voulu, de penser sérieusement à de tels scénarios. Nous devons tout repenser avec un esprit d’ouverture.


Frank: Ce qui m’amène à LA question: jusqu’à quel point les meubles écologiques doivent-ils être naturels ? A priori, les matériaux naturels tels que le bois, le bambou, la pierre ou les fibres naturelles comme la laine semblent plus écologiques. Mais cela met potentiellement en évidence une nouvelle contradiction, car le produit le plus naturel n’est pas nécessairement toujours le plus durable. Et en général, il n’est pas possible d’affirmer au premier regard qu’un meuble est fait d’un bois certifié ou produit de manière durable. C’est plus vraisemblablement le prix qui l’identifiera comme durable – or tout le monde n’est pas disposé à mettre ce prix. Cela va probablement changer. Au cours des dix prochaines années, la prise de conscience du changement climatique et l’inquiétude pour l’avenir de notre environnement changeront notre comportement d’achat et les tendances dans le secteur du design.

Jeannette: Ce qui soulève une autre question : jusqu’à quel point nos actions doivent-elles être systématiquement durables pour être considérées comme une entreprise respectueuse de l’environnement ? Devons-nous être radicaux ? Jusqu’à quel point ? Une société, pour être prise au sérieux, doit-elle être 100% durable ? Comment résoudre de telles contradictions ?

© Pawel Nolbert© Pawel Nolbert

Frank: En disant la vérité aux gens: qu’il n’y a pas de solution 100% durable, de même qu’il n’y a pas de produit parfait. Les consommateurs doivent apprendre à peser le pour et le contre, et l’industrie doit leur décoder et leur expliquer les critères décisionnels. Une tâche difficile des deux côtés, parce que les consommateurs aiment les solutions faciles et parfaites, comme les belles grosses pommes rouges sans défaut, accompagnées d’un beau label écolo pour se donner bonne conscience. Alors que ça n’existe pas. C’est donc toute une façon d’apprendre qu’il va falloir imposer aux consommateurs. Sauf que personne n’a envie d’être le premier à prendre un tel risque.

Jeannette: Le débat est émotionnellement si dense, nous sommes dans un tel état de choc, que nous ressentons un besoin urgent de faire quelque chose et de le faire vite. Or, en agissant ainsi, on en arrive à des réponses simplifiées. Par exemple, est-ce vraiment mieux de remplacer les sacs en plastique par des sacs en toile ? Pour se retrouver avec de nombreux autres sacs en toile qu’on ne réutilisera pas ? Cela a-t-il un sens de remplacer des pailles en plastique par des pailles en métal ou en verre ? Un gobelet, qui n’est pas en plastique, doit être réutilisé jusqu’à 3000 fois pour que toutes les ressources le constituant atteignent un niveau inférieur à celui des produits nécessaires à la fabrication d’un gobelet en plastique : alors, ne doit-on pas plutôt continuer à miser sur le plastique ? En fait, il nous faut adopter une toute autre approche et penser ‘cycles de vie’. Et non se contenter de maintenir le système du jetable en en changeant seulement les matériaux.


Frank: Et en même temps,  nous devons apprendre à différencier – rapidement. En fin de compte, nul ne conteste qu’il faut éradiquer les déchets plastiques de nos océans. Mais le réflexe consistant à diaboliser le plastique n’est pas satisfaisant. D’une part, le plastique issu des ressources fossiles est un matériau hautement précieux et rare ; dans certains domaines, comme la médecine, il est irremplaçable, en tout cas à l’heure actuelle. D’autre part, c’est une ressource que l’on gâche. Il n’est que de voir les montagnes d’emballages résultant d’une société d’hyperconsommation, à l’appétit toujours croissant pour tous les produits de facilité. 

Jeannette: Tout à fait: c’est une erreur de penser que le plastique est la source de tous les maux de la planète. Et penser que le bioplastique va sauver à lui tout seul le problème du plastique n’est pas plus pertinent. La vraie question est la suivante : quel matériau a-t-il vraiment un sens dans tel ou tel contexte ? Le plastique durable pour les meubles ou les appareils ne pas doit-il être mis sur le même plan que le plastique jetable. Nous voulons vraiment faire bien : mais qu’est-ce qui est bien ? L’abstinence ? Une ‘meilleure’ consommation ? Et qui en portera la responsabilité, le consommateur ou le fabricant ? 

Frank: Cela dit, cette nouvelle dynamique qui lutte contre le changement climatique est incontestablement positive. Elle a permis de tirer une sonnette d’alarme, enclenchant un processus irréversible. Ce qu’il faut maintenant, c’est avoir le courage de poursuivre cet élan. A mon sens, cela signifie qu’il faut demander aux consommateurs de fournir leur part d’efforts. S’informer est la condition préalable essentielle permettant de prendre des décisions indépendantes. Les marques doivent gagner en crédibilité en fournissant des informations transparentes et compréhensibles. J’aime imaginer qu’un jour, je pourrai acheter une chaise portant une étiquette qui ne ferait pas que me remercier d’avoir acheté un produit de qualité supérieure, fabriqué de façon durable, mais une étiquette disposant d’informations substantielles et transparentes. 

Jeannette: Les consommateurs veulent pouvoir se fier à un fabricant réellement digne de confiance. Quand on en vient à parler de crédibilité et de différentiation, les gens ont besoin de se fonder sur des critères fiables, sûrs, valables pour toutes les entreprises – c’est ce que nous attendons des étiquettes de certification et des exigences règlementaires. 

© Salva Lopez, Courtesy of Lievore + Altherr Désile Park© Salva Lopez / Courtesy of Lievore + Altherr Désile Park

Frank: Vu l’énorme quantité d’étiquettes auxquelles nous sommes confrontés, j’ai peur que la certification n’ait pas d’impact, à moins de trouver derrière un visage ou une marque crédible. A mon avis, il y deux aspects dans le défi que doivent relever les entreprises en termes de pratiques de développement durable, en particulier dans les secteurs où les consommateurs ont besoin d’être convaincus. Tout d’abord, ils doivent embrasser la complexité du développement durable du point de vue de la production et la rendre transparente. Ensuite, ils doivent simplifier cette complexité afin de pouvoir faire part efficacement de leurs propres réponses et solutions. Parce que, soyons honnêtes : combien de personnes lisent et comprennent vraiment un rapport de durabilité ? Sans transparence au cours de ces deux processus, il ne peut y avoir aucune crédibilité.     

Jeannette: Je pense que ‘processus’ est le mot clé. Un processus demande du temps et de l’expérience. Prenons Arper par exemple : l’entreprise a un Département Développement Durable depuis 2005 qui  s’efforce depuis le début d’adopter une approche basée sur l’évaluation du cycle de vie. C’est très sophistiqué et le seul à ma connaissance qui soit réellement cohérent. Les certificats peuvent parfois être des barrières bureaucratiques à l’importation. Mais des certifications telles que le label EPD (Environmental Product Declaration) peuvent être des moyens efficaces de rendre des produits transparents, quantifiables et donc comparables. C’est la seule façon de permettre aux gens de faire des choix en toute conscience. Cela dit, la question du design et de la durabilité ne devrait pas être limitée au domaine de la réduction du carbone. Je pense qu’il vaut mieux remplacer l’ancienne et linéaire façon de penser par une pensée holistique qui permet la complexité, l’incertitude et les contradictions, plutôt que de juste essayer de créer l’illusion qu’il n’y a qu’une réponse unique et simple. L’approche du design et les réponses peuvent varier de l’écosophie à la préservation, en passant par le design réparateur, le biodesign, l’économie énergétique, la réutilisation, le recyclage ou les cycles de vie. Tous sont autant de façons de renforcer la sensibilisation à la beauté et la protection des choses que nous aimons.        

© Scheltens & Abbenes

Frank: Absolument. Il est fascinant de voir combien le débat sur le développement durable a un impact sur nos vies, pas juste en termes de consommation, mais également de normes sociales et de styles de vie. Même sans avoir lu le dernier livre de Naomi Klein (« Plan B pour la planète : le New Deal vert »), on comprend vite que la crise climatique est un défi touchant tous les domaines de toutes les sociétés. Il en va de même pour le modèle climatique : si vous en modifiez un seul aspect, c’est toute la dynamique qui est affectée, que l’on parle du Gulf Stream ou de transactions financières internationales. Mais je pense que cela offre aussi des opportunités.    

Jeannette: Oui, une société peut apprendre. Et les entreprises évoluent et réagissent aux derniers résultats et observations. Elles partagent la même expérience que nous et changent en conséquence. Une entreprise comme Arper, qui applique ce processus depuis 15 ans maintenant, trouvera cela certainement encourageant et sera sans doute incitée à faire connaître ses activités de manière encore plus intense, au risque d’être accusée de maquillage vert (greenwashing). Mais ce n’est pas parce que l’on ne peut pas plaire tout le temps à tous dans notre monde médiatisé que cela doit nous empêcher de prendre les mesures nécessaires pour maintenir le procédé empirique sur les rails.


Frank: En ce sens, les demandes faites au sein du secteur financier pour des pratiques opérationnelles durables sont encourageantes.

Jeannette: Au final, est-il si important de s’attacher à la raison pour laquelle nous faisons quelque chose, à partir du moment où le résultat peut être pris au sérieux ? Le même débat a lieu parmi les experts en éthique. Donc, l’essentiel, c’est d’agir correctement ; si en plus, vous avez le soutien du monde de la finance, tant mieux, cela n’en sera que plus efficace. Le développement durable ne se fera pas tout seul ; il nécessite beaucoup de temps et d’argent, c’est pourquoi, d’une manière générale, les grandes marques souhaitent et peuvent investir les ressources nécessaires. Les systèmes comme le label EPD sont extrêmement complexes et mobilisent beaucoup de ressources, en termes d’argent, de temps et de main d’œuvre.

© Marco Covi

Frank: Même si nous ne devons pas ignorer les motivations sous-jacentes, nous ne pouvons pas nous permettre de laisser passer une telle opportunité. Il existe des préjugés concernant les entreprises, comme il en existe à propos des consommateurs, qui ne voudraient acheter qu’à bas prix et ne seraient pas capables de comprendre des enjeux complexes ou de prendre les bonnes décisions. Montrer du doigt de tels clichés et les remettre en question font partie du débat sociétal dans lequel nous nous trouvons.


La conceptrice de produit Jeannette Altherr et ses partenaires Alberto Lievore, Delphine Désile et Dennis Park collaborent à diverses constellations. Ils sont spécialisés dans la conception et le développement de produit, le conseil stratégique, la direction créative, la direction artistique et l’architecture éphémère pour des entreprises de design internationalement reconnues.
L’approche holistique de leurs concepts créatifs, de la conception de produit à la communication, leur caractère humaniste, la recherche de l’essentiel, alliées à une sensibilité diffusant harmonie et équilibre, sont autant de caractéristiques du travail du studio.

Le journaliste design et chasseur de tendance Frank A. Reinhardt (far.consulting), installé à Cologne, est un spécialiste de l’ameublement et de la décoration intérieure, un juré internationalement recherché, ainsi qu’un orateur et un modérateur régulier à divers forums industriels. Il a également publié un certain nombre d’articles fondés sur ses recherches en matière de design et de consommation.

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