Formes Douces pour Lounge Doux

© Ricard Lopez

Adell: une interview avec Lievore + Altherr Désile Park


Quelle a été votre source d’inspiration pour ce nouveau fauteuil lounge ?

Les espaces lounges tels que nous les connaissons ont beaucoup évolué ces cinquantes dernières années: nous sommes passé du salon-reception, lieu formel, à un espace plus intime, un lieu privé, pensé avant tout pour se détendre, se relaxer, et plus récemment, même, pour y travailler.
Aujourd’hui, ces espaces lounges s’installent également en dehors de la maison proprement dite. Ils prennent place au sein des entreprises ou dans des espaces intermédiaires. Il nous a semblé que l’offre d’ARPER, devait permettre de répondre à cette demande de nouveaux espaces lounge – quelque chose à la fois plus léger et plus confortable.

© Courtesy of Studio Lievore + Altherr Désile Park / Salva Lopez

Pour quel types d’environnements avez-vous imaginé Adell?

Adell a été pensée dans une approche conceptuelle à 360°. Nous souhaitions créer un système qui puisse être totalement personnalisable afin de répondre à différents types d’utilisations, différents types d’ambiances mais aussi à divers budgets. La forme singulière et chaleureuse d’Adell suggère une utilisation facile quel que soit l’environnement, convenant particulièrement bien aux espaces de détente. Nous avons donc créé différentes options de tapissages et de piètements afin de répondre à tous les scénarios possibles de ces espaces lounge. La version entièrement tapissée, par exemple, a été pensée pour les hôtels, les restaurants, les salons d’aéroports ou encore les bureaux même si sa housse frontale très confortable peut tout à fait fonctionner dans un espace de co-working ou même pour des intérieurs au style décontracté.

A l’inverse, la version coque en plastique s’intégrera parfaitement aux environnements éducatifs ou hospitaliers, où les matériaux à la fois résistants et faciles à nettoyer sont privilégiés. Dans ces contextes, le langage visuel d’Adell s’y articule à merveille avec celui des collections Cila et Stacy. Enfin, la version avec l’option coussin d’assise amovible est idéale pour une utilisation en extérieur -jardin ou terrasse- puisque ce coussin peut se ranger facilement à l’abri en hiver. Ces diverses finitions associées aux différents types de bases - métal et bois - permettent ainsi à ces modèles de s’adapter à un grand nombre d’environnements tandis que matériaux et couleurs assurent un large éventail de scénarios et ambiances.

© Courtesy of Studio Lievore + Altherr Désile Park / Salva Lopez

Le choix des matériaux semble avoir été fort et délibéré pour cette collection. Pourquoi ces matériaux?

Le choix du plastique s’est imposé pour différentes raisons : les courbes d’Adell prennent forme de manière idéale grâce au plastique, c’est un matériau robuste et durable, parfait pour une utilisation en extérieur, constituant une base idéale pour le tapissage – et qui contrairement au bois, reste une option beaucoup plus économique en terme de fabrication. La flexibilité propre au plastique permet de créer une sensation de confort moins rigide que le bois. L’expertise d’Arper dans la fabrication du plastique a également été un argument de poids supplémentaire.

Cependant, le plastique peut être considéré comme un matériau délicat à travailler dans une perspective de développement durable. Au sein du studio, nous avons donc cherché, dans un premier temps, à travailler le bioplastique pour des raisons environnementales évidentes. Pourtant, plus nous en apprenions sur ce matériau, moins nous en étions convaincus. Actuellement, le bioplastique peut susciter un sentiment d’inquiétude totalement différent, lié à l’impact qu’il peut avoir sur l’agriculture, comme la déforestation, la consommation d’eau nécessaire, l’utilisation d’engrais et de pesticides, sans oublier l’absence d’infrastructures nécessaires à son recyclage. (1) Pour Frederik Wurm, chimiste au Centre de recherche des polymères de l’Institut Max Planckau : "Le bioplastique peut être aussi nocif que le plastique conventionnel". En outre, l’Union européenne recommande que le recyclage devienne une entreprise rentable; recycler du plastique existant peut sans doute s’avérer une meilleure stratégie. Nous avons aussi réalisé en parallèle que les problèmes que nous avons aujourd’hui avec le plastique sont nés de l’idée (apparue dans les années 70) que c’était un matériau bon marché à utilisation unique, ou en tout cas jetable. Et si nous voyons aujourd’hui apparaître des infrastructures institutionnelles permettant son recyclage, nous continuons de nous questionner sur que faire de cette matière première? C’est ainsi que nous sommes arrivés à la conclusion que la manière la plus écologique d’aborder le sujet était d’utiliser du plastique 100% recyclé.

Adell color palette© Salva Lopez / Courtesy of Studio Lievore + Altherr Désile Park

Nous sommes donc partis sur l’idée que le plastique pouvait peut-être être considéré comme un matériau précieux, ne devant être utilisé qu’avec parcimonie et cohérence. Et pour s’assurer de sa longévité en tant que matériau (réduisant ses déchets et sa consommation), nous savions qu’il était nécessaire non seulement de faire un design durable, mais qu’il était également nécessaire que ce matériau soit ressenti comme quelque chose que l’on a envie de conserver et de chérir. L’esthétique du plastique brillant, coloré, translucide - si caractéristique de l’âge d’or du plastique - est automatiquement connoté à une consommation rapide. Notre objectif a donc été de transformer ces connotations négatives en quelque chose de positif et de noble, dont les qualités tactiles rappellent celles du monde naturel. Après tout, nous avons puisé notre inspiration dans l’idée que le plastique provient du pétrole qui, originellement, est de source organique : le zooplancton et les algues enterrés sous des sédiments rocheux se sont transformés avec le temps, sous le coup de la chaleur et de la pression.

Nous avons donc créé une texture organique qui renvoie aux motifs concentriques des cernes d’un tronc d’arbre. Une texture qui évoque les matériaux naturels sans tomber dans la représentativité, c’est-à-dire en acceptant et en célébrant l’irrégulier, l’imperfection. Les égratignures à la surface se fondent dans la texture, donnant une impression de patine et non d’usure.

Comment la palette de la collection a-t-elle été développée ?

La texture a été déterminante pour cette collection. Nous ne pouvions pas imaginer d’un côté cette forme naturelle et organique, et de l’autre une texture qui soit déclinée dans des coloris artificiels et abstraits, comme un blanc optique ou des teintes brillantes et techniques. Nous avons donc développé une palette de tons très nuancés inspirés des matériaux organiques tels que le bois et les feuilles. Même les coloris de base, tels que le noir et le blanc, ne sont pas des couleurs graphiques pures mais des versions plus douces, se déclinant en noir graphite et ivoire.

Nous avons également tenu compte de la variation chromatique des pièces en fonction de l’éclairage extérieur ou intérieur. Les coloris verts et le marron doux se sont avérés particulièrement délicats à appréhender : un éclairage intérieur les faisaient apparaitre presque gris. Un autre point que nous avons pris en compte lors de l’élaboration des couleurs a été l’échelle car la surface de la coque est large et cela rend chaque couleur plus intense.

Adell color palette© Ricard Lopez / Courtesy of Studio Lievore + Altherr Désile Park

Comment avez-vous sélectionné les tissus?

Le défi était similaire à celui du choix des couleurs pour le plastique. Nous souhaitions également retrouver cette même texture naturelle dans les tissus donc nous sommes allés vers une collection d’étoffes plus riches, plus variées, plus bigarrées, se mariant aux couleurs de la coque.

En dehors de l’esthétique, la notion de durabilité a-t-elle eu un impact sur d’autres aspects de votre design?

Absolument. Les notions de réduction, réutilisation et recyclage sont essentielles au développement durable ou au design. La forme de la coque d’Adell peut être créée avec du plastique obtenu à partir de déchets post-industriels, ce qui signifie qu’il peut être recyclé et réutilisé. Pour le rendre recyclable, nous avons également utilisé des matériaux purs pouvant être complètement désassemblés - c’était le seul moyen de s’assurer que ce plastique soit entièrement recyclable. Enfin, pour le rendre réutilisable, nous avons créé un système flexible de composants : une coque, une base et des accessoires. Grâce au soin et à l’attention portée à sa fabrication, mais également aux qualités durables de son design, le fauteuil Adell peut ainsi passer de main en main, changer de propriétaires et s’intégrer harmonieusement dans un nouvel environnement. C’est aussi pour nous une manière de s’assurer de la fonctionnalité et de la longévité de chaque pièce, prolongeant non seulement leur durée de vie mais participant également à la réduction des déchets d’une manière plus globale.

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